Les dômes des digesteurs de l’unité 77320 Biogaz émergeant d’un champ de blé vert sous un ciel bleu

Comprendre le procédé

La méthanisation

Un procédé biologique naturel qui transforme les matières organiques en énergie renouvelable et en fertilisant.

Dossier8 chapitres

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Les digesteurs, juin 2025

Chapitre 01

Qu’est-ce que la méthanisation ?

Un phénomène que la nature pratique depuis toujours, reproduit et maîtrisé dans une enceinte fermée.

Citerne inox dépotant devant les cuves de réception et les digesteurs de l’unité
Quai de réception, mars 2026

Une digestion, pas une combustion

La méthanisation est la dégradation de la matière organique par des micro-organismes. Elle se déroule dans une cuve fermée et privée d’oxygène, appelée digesteur : on parle de digestion anaérobie. Le même phénomène existe à l’état naturel dans les marais, les sols ou la panse des ruminants.

Cette digestion produit deux ressources. D’un côté, un biogaz riche en méthane, valorisable en énergie. De l’autre, un digestat qui conserve l’azote, le phosphore et la matière organique des intrants, et retourne aux sols comme fertilisant.

Procédé
digestion anaérobie
Produit énergie
biogaz
Produit fertilisant
digestat
Chapitre 02

Le cycle en un coup d’œil

La méthanisation referme un cycle naturel du carbone : ce que la terre produit revient à la terre, et l’énergie captée par les plantes devient un gaz renouvelable.

  1. 01
    La terre

    Matières organiques

    Par la photosynthèse, les végétaux captent le carbone de l’air et produisent de la matière organique.

  2. 02
    L’unité

    Méthanisation

    Collectées auprès du monde agricole, des industries agro-alimentaires et des collectivités, les matières sont transformées par le méthaniseur en énergie et en fertilisant.

    • 42 °C
    • ≈ 100 jours
    • Sans oxygène
  3. 03
    Les usages

    Énergie

    Épuré puis injecté dans le réseau, le biogaz devient un biométhane qui s’utilise comme le gaz naturel : chauffage, cuisson, industrie, carburant BioGNV.

  4. 04
    Le retour au sol

    Engrais

    Épandu sur les cultures, le digestat, riche en éléments fertilisants (NPK), remplace des engrais de synthèse.

La boucle se referme

  • Les éléments fertilisants sont captés par les cultures.
  • Le CO2 émis est recapté par les végétaux.
Chapitre 03

Les deux voies de valorisation

Une fois produit, le biogaz se valorise de deux manières.

Voie A

La cogénération

Un moteur produit à la fois de l’électricité, revendue au réseau, et de la chaleur, valorisée sur place.

Le skid d’épuration et ses colonnes inox sur la dalle du site
Voie B

L’épuration puis l’injection

Le biogaz est épuré à la qualité du gaz naturel, puis injecté dans le réseau, où il remplace du gaz fossile importé.

Voie retenue à La Ferté-Gaucher Découvrir le site
Chapitre 04

Le fonctionnement en quatre étapes

De la matière organique au réseau de gaz, puis jusqu’au retour aux champs, le procédé suit toujours le même chemin. Le voici en images, étape par étape.

  1. Tas d’ensilage de cultures intermédiaires tassé au tracteur entre deux murs bâchés
    Ensilage de CIVE · exploitation partenaire
    Biodéchets alimentaires très colorés : épluchures et restes de fruits et légumes
    Biodéchets des collectivités
    Cuve IBC de graisses issues de l’industrie agro-alimentaire
    Graisses agro-alimentaires

    La biomasse

    Tout commence par la matière organique. Le monde agricole apporte des cultures intermédiaires ensilées, des pulpes et des effluents d’élevage. Les industries agro-alimentaires fournissent leurs sous-produits et leurs graisses. Les collectivités confient leurs biodéchets.

    Parmi ces cultures, le seigle illustre bien la démarche : bon pouvoir méthanogène, peu d’intrants, il s’intègre dans la rotation entre deux cultures sans jamais concurrencer l’assiette.

    Autant de gisements qui, au lieu d’être perdus, deviennent la ration quotidienne du digesteur.

  2. Les dômes des digesteurs émergeant d’un champ de blé vert
    Les digesteurs, juin 2025

    La méthanisation

    Dans le digesteur, maintenu à 42 °C et privé d’oxygène, les micro-organismes dégradent la matière pendant une centaine de jours. Cette digestion, lente et continue, libère un biogaz riche en méthane.

    Ce qui n’est pas transformé en gaz ressort sous forme de digestat, qui conserve les éléments fertilisants des intrants.

  3. Le skid d’épuration et ses colonnes inox sur la dalle du site
    Skid d’épuration, janvier 2026

    La valorisation

    Le biogaz brut, composé d’environ 60 % de méthane et 40 % de CO2, est d’abord refroidi et séché, puis débarrassé de ses composés indésirables (COV, H2S). Le méthane est ensuite séparé du CO2 à travers des membranes successives, jusqu’à 98 % de méthane.

    Enfin odorisé au standard du réseau, ce biométhane est injecté dans le réseau NaTran et alimente le chauffage, la cuisson et les véhicules roulant au carburant BioGNV.

  4. Jeunes pousses de céréales alignées sur une terre nue, au soleil
    Jeunes cultures · le digestat retourne aux champs

    Le retour au sol

    Dernière étape, hors des clôtures du site : le digestat rejoint les parcelles agricoles. Épandu sur 1 300 hectares, il restitue aux sols l’azote, le phosphore et le potassium des matières entrantes.

    Il remplace ainsi des engrais de synthèse, et la boucle du chapitre 02 se referme : ce que la terre a produit lui revient.

Chapitre 05

Ce que la méthanisation apporte

Quatre bénéfices concrets, du réseau de gaz jusqu’aux parcelles agricoles.

  1. Une énergie renouvelable produite localement

    Chaque kilowattheure de biométhane injecté remplace du gaz fossile importé.

  2. Des effluents valorisés, des émissions évitées

    Fumiers, lisiers et biodéchets sont captés en cuve fermée au lieu de fermenter à l’air libre.

  3. Plus d’autonomie pour les agriculteurs

    Le digestat restitue l’azote aux parcelles et réduit les achats d’engrais de synthèse.

  4. De la valeur créée sur le territoire

    Le site fait travailler des entreprises locales et sécurise le revenu des exploitations partenaires.

Vue aérienne large de l’unité de méthanisation entourée de parcelles de céréales et de colza en fleur
L’unité et ses parcelles · La Ferté-Gaucher, avril 2026
Chapitre 06

La filière et les usages

En 2011, le premier site français injecte du biométhane dans le réseau. Quinze ans plus tard, la filière change d’échelle, et son gaz reprend tous les usages du gaz naturel, sans rien changer aux équipements.

Sites en injection fin 2025 803
Biométhane injecté en 2025 13,6TWh
De la consommation de gaz 3,9%
Sources : Panorama des gaz renouvelables, bilan 2025 · GRDF · SDES, ministère de la Transition écologique Le bilan carbone

Sur une même échelle, en tonnes de CO2 par GWh (méthode GRDF/ADEME) : le biométhane émet près de dix fois moins que le gaz naturel fossile qu’il remplace.

Biométhaneinjecté dans le réseau 23,4 t
Gaz naturel fossilequ’il remplace 227 t
Émissions évitéespar GWh substitué ≈ 200 t
La conclusion pour La Ferté-Gaucher

Près de 8 000 t de CO2 évitées par an

pour les 40 GWh de biométhane que l’unité injecte chaque année dans le réseau.

Les usages du biométhane

Chauffage

Les chaudières des logements, des bâtiments publics et des entreprises.

Cuisson

Les gazinières des cuisines familiales comme des cuisines professionnelles.

Eau chaude

La production d’eau chaude sanitaire, au quotidien.

Carburant BioGNV

Bus, bennes et poids lourds : jusqu’à 95 % de particules fines en moins que le diesel.

La France est depuis 2025 le premier producteur européen de biométhane injecté. L’unité de La Ferté-Gaucher, en injection depuis mars 2024, fait partie de cette dynamique.

Chapitre 07

Le digestat, l’autre production

La méthanisation ne produit pas que du gaz. Ce qui ressort du digesteur nourrit les sols qui ont fourni la matière.

Un fertilisant naturel pour les cultures

Le digestat est un fertilisant naturel, à faible odeur une fois épandu, et utilisable en agriculture biologique sous conditions. Il restitue aux parcelles l’azote, le phosphore et la matière organique des intrants.

Pour les exploitations qui l’utilisent, il réduit d’autant le recours aux engrais de synthèse, dont la fabrication dépend du gaz fossile.

Nature
fertilisant naturel
Odeur à l’épandage
faible
Agriculture biologique
utilisable sous conditions
Jeunes semis de céréales au soleil rasant après épandage de digestat
Semis après épandage, novembre 2025
Chapitre 08

Pour aller plus loin

Le dossier s’arrête ici. Deux publications de référence prennent le relais, pour qui veut entrer dans le détail.

Agriculteurs, industriels, collectivités

Une matière organique à valoriser ?

Réponse sous 24 h ouvrées.