La cogénération
Un moteur produit à la fois de l’électricité, revendue au réseau, et de la chaleur, valorisée sur place.
Comprendre le procédé
Un procédé biologique naturel qui transforme les matières organiques en énergie renouvelable et en fertilisant.
Les digesteurs, juin 2025
Un phénomène que la nature pratique depuis toujours, reproduit et maîtrisé dans une enceinte fermée.
La méthanisation est la dégradation de la matière organique par des micro-organismes. Elle se déroule dans une cuve fermée et privée d’oxygène, appelée digesteur : on parle de digestion anaérobie. Le même phénomène existe à l’état naturel dans les marais, les sols ou la panse des ruminants.
Cette digestion produit deux ressources. D’un côté, un biogaz riche en méthane, valorisable en énergie. De l’autre, un digestat qui conserve l’azote, le phosphore et la matière organique des intrants, et retourne aux sols comme fertilisant.
La méthanisation referme un cycle naturel du carbone : ce que la terre produit revient à la terre, et l’énergie captée par les plantes devient un gaz renouvelable.
Par la photosynthèse, les végétaux captent le carbone de l’air et produisent de la matière organique.
Collectées auprès du monde agricole, des industries agro-alimentaires et des collectivités, les matières sont transformées par le méthaniseur en énergie et en fertilisant.
Épuré puis injecté dans le réseau, le biogaz devient un biométhane qui s’utilise comme le gaz naturel : chauffage, cuisson, industrie, carburant BioGNV.
Épandu sur les cultures, le digestat, riche en éléments fertilisants (NPK), remplace des engrais de synthèse.
La boucle se referme
Une fois produit, le biogaz se valorise de deux manières.
Un moteur produit à la fois de l’électricité, revendue au réseau, et de la chaleur, valorisée sur place.
Le biogaz est épuré à la qualité du gaz naturel, puis injecté dans le réseau, où il remplace du gaz fossile importé.
Voie retenue à La Ferté-Gaucher Découvrir le siteDe la matière organique au réseau de gaz, puis jusqu’au retour aux champs, le procédé suit toujours le même chemin. Le voici en images, étape par étape.
Tout commence par la matière organique. Le monde agricole apporte des cultures intermédiaires ensilées, des pulpes et des effluents d’élevage. Les industries agro-alimentaires fournissent leurs sous-produits et leurs graisses. Les collectivités confient leurs biodéchets.
Parmi ces cultures, le seigle illustre bien la démarche : bon pouvoir méthanogène, peu d’intrants, il s’intègre dans la rotation entre deux cultures sans jamais concurrencer l’assiette.
Autant de gisements qui, au lieu d’être perdus, deviennent la ration quotidienne du digesteur.
Dans le digesteur, maintenu à 42 °C et privé d’oxygène, les micro-organismes dégradent la matière pendant une centaine de jours. Cette digestion, lente et continue, libère un biogaz riche en méthane.
Ce qui n’est pas transformé en gaz ressort sous forme de digestat, qui conserve les éléments fertilisants des intrants.
Le biogaz brut, composé d’environ 60 % de méthane et 40 % de CO2, est d’abord refroidi et séché, puis débarrassé de ses composés indésirables (COV, H2S). Le méthane est ensuite séparé du CO2 à travers des membranes successives, jusqu’à 98 % de méthane.
Enfin odorisé au standard du réseau, ce biométhane est injecté dans le réseau NaTran et alimente le chauffage, la cuisson et les véhicules roulant au carburant BioGNV.
Dernière étape, hors des clôtures du site : le digestat rejoint les parcelles agricoles. Épandu sur 1 300 hectares, il restitue aux sols l’azote, le phosphore et le potassium des matières entrantes.
Il remplace ainsi des engrais de synthèse, et la boucle du chapitre 02 se referme : ce que la terre a produit lui revient.
Quatre bénéfices concrets, du réseau de gaz jusqu’aux parcelles agricoles.
Chaque kilowattheure de biométhane injecté remplace du gaz fossile importé.
Fumiers, lisiers et biodéchets sont captés en cuve fermée au lieu de fermenter à l’air libre.
Le digestat restitue l’azote aux parcelles et réduit les achats d’engrais de synthèse.
Le site fait travailler des entreprises locales et sécurise le revenu des exploitations partenaires.
En 2011, le premier site français injecte du biométhane dans le réseau. Quinze ans plus tard, la filière change d’échelle, et son gaz reprend tous les usages du gaz naturel, sans rien changer aux équipements.
Sur une même échelle, en tonnes de CO2 par GWh (méthode GRDF/ADEME) : le biométhane émet près de dix fois moins que le gaz naturel fossile qu’il remplace.
Près de 8 000 t de CO2 évitées par an
pour les 40 GWh de biométhane que l’unité injecte chaque année dans le réseau.
Les chaudières des logements, des bâtiments publics et des entreprises.
Les gazinières des cuisines familiales comme des cuisines professionnelles.
La production d’eau chaude sanitaire, au quotidien.
Bus, bennes et poids lourds : jusqu’à 95 % de particules fines en moins que le diesel.
La France est depuis 2025 le premier producteur européen de biométhane injecté. L’unité de La Ferté-Gaucher, en injection depuis mars 2024, fait partie de cette dynamique.
La méthanisation ne produit pas que du gaz. Ce qui ressort du digesteur nourrit les sols qui ont fourni la matière.
Le digestat est un fertilisant naturel, à faible odeur une fois épandu, et utilisable en agriculture biologique sous conditions. Il restitue aux parcelles l’azote, le phosphore et la matière organique des intrants.
Pour les exploitations qui l’utilisent, il réduit d’autant le recours aux engrais de synthèse, dont la fabrication dépend du gaz fossile.
Le dossier s’arrête ici. Deux publications de référence prennent le relais, pour qui veut entrer dans le détail.
Réponse sous 24 h ouvrées.